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Le Soleil s'est obscurcit Les Étoiles tombent Les Montagnes ébranlées s'effritent Les nourrissons abandonnés Les arbres se recroquevillent Les Fruits pourrissent La terre s'appauvrit L'Eau s'enflamme Les Océans s'assombrissent et leur fruits mutent Le Feu vacillant se fige Et son souffle frôle les oreilles Les Volcans rugissent et s'éveillent Les Vents ne chuchotent plus mais hurlent Le Ciel se fissure et dévoile la pénombre des étoiles La Fumée opaque sans feu étouffe les oiseaux d'aciers et crache une pluie de têtes effarées visages crispés et membres déchiquetés Les Icebergs se retournent Les continents s'assemblent Humanisation de l'humanité Le Temps s'accélère L'année est mois mois est semaine semaine est jour jour est heure et heure volatilisée La cacophonie des cris des pleurs des explosions des effusions des fracas est absorbée étouffée par l'abominable battement incessant du cœur par le bourdonnement de la circulation insupportable du sang encore contenu dans la carcasse d'os viandes peau
Les survivants expectorent d'étranges mots comme les balbutiements des muets trop bavards
Les mâchoires sans dents avalent les mots et ne laissent que des coquilles de phonèmes vides de sens
Les peuples sur un unique navire se jugulent
Les animaux jouent à l'humain
Les éléphants étranglent les girafes
Les lapins sont sadomasochistes
Les juments se cognent contre leurs enclos et vident leur ventres gonflés de vie
Les dauphins forniquent
Les hyènes règnent
Les vautours et les aigles comme les autruches enfoncent le haut de leurs carcasses dans les cendres les décombres d'une terre brulante encore fumante
Les fusées dans leur silos observent avec envie et haine ceux qu'elles étaient censées protéger s'emparer de leur rôles destructeur
Les toits le roc les falaises les églises les usines les magasins les monuments de béton d'or de bronze la télévision les maisons sifflent par le souffle des fusées et font de cette zizanie une musique perçant les oreilles des morts
Le dernier souffle long et lent et si profond qu'il inspire jusque dans l'acide de l'estomac et jusqu'au sexe enflé victime de ses propres pulsions d'une humanité amnésique
La Terre gémit et le ciel rugit !
La Terre gémit et le ciel rugit !
La Terre gémit son dernier gémissement et le ciel rugit et dévoile son Secret !
Te souviens tu du jour de ta naissance ? T'en souviens tu ?
Barque de liberté est l'innocence de l'enfance
Lumière de la raison est l'immortelle conscience
Clé de la sur-vie est le souvenir de la naissance
Écrit par Shems
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