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Le chêne et le lierre

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La forêt bruissait de mille sons familiers,

Chants d’oiseaux, crissement de grillons,

Du vigoureux cours d’eau les bouillons,

Le souffle du vent caressant les châtaigniers.

Dans cette agréable et naturelle symphonie,

On percevait des gémissements de douleurs.

La belle avait une bosse et criait son malheur

Accusant une racine de traîtrise et de félonie.

Sa robe déchirée et tachée, souillon la désignait.

Pourquoi avait-elle contrarié son père le banneret

En partant ainsi seule à travers l’épaisse forêt ?

Elle s’inquiéta du silence soudain qui régnait.

Quelque chose approchait, des branches craquaient.

Quel gros animal pouvait faire autant de raffut ?

Apeurée elle pressa son menu corps contre un fût

Un jeune homme apparu, à priori, un solide laquais.

Elle s’avança dans la lumière, sublime apparition.

« Hola ! Manant, me prêteriez-vous votre concours ? »

« Manant ? Que me baille cette punaise de cours ?

Sache mon enfant que je suis chevalier en mission.

Ce déguisement sert en fait à cacher ma fonction

Mais toi, que t’arrive-t-il ? Que justifie ces larmes

Si un t’as fait du mal, je le passe illico par les armes

Ma dague sertie lui donnera l’extrême onction »

« Pourquoi donc ferais-tu cela ? » Demanda la belle

« Tu ne me connais point et pour moi risquerais ta vie ? »

«J’ai lu dans ton âme et je n’y ai vu du péché l’envie

Ton cœur est pur, c’est une bien belle citadelle

Je décèle en toi plus que je n’y vois, princesse »

« Si je te le demandais, beau prince me suivrais-tu ?»

« Je le ferais où que me mènes tes pas, vois-tu ?

Pour toi, j’implorerai de l’amour la déesse.

Je lui demanderais de nous unir pour l’éternité »

« Moi aussi je fais la même prière mon seigneur ».

Aphrodite entend ceci et leur fait un honneur,

Le vent se lève dans les frondaisons agitées.

Les deux, surpris dans leur étreinte familière,

En bois sont transformés dans la clairière.

Depuis ce jour un chêne et une tige de lierre

S’embrassent tendrement sous la lumière.

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